Biographie ¤ Monde Scriboïque ¤ Bibliothèque ¤ Chroniques ¤ Compostelle ¤ Interventions ¤ Presse ¤ Cartes virtuelles ¤ Arts ¤ Liens ¤ Livre d'Or ¤ Contact

Newsletter  S'enregistrer à la Newsletter

Extraits 

Retour Page Les sortilèges de Mercure

Textes issus du recueil Les sortilèges de Mercure ©

Ø Mon ami (1er texte du recueil)

Ø L'éveil

Ø La rose blanche

Ø Incarnation (dernier texte du recueil)

Mon ami

Entre, ami,

Comme entre la rumeur sourde

Comme entre le secret étouffé

Sous les pas les lattes de bois

Le ciel s’assombrit

Et le cœur qui s’enfonce

Qui palpite et qui craque

Là dans la forêt

 

Entre, te dis-je,

Saisis le crépuscule

De tes mains émaciées

Guides aveugles

Dans les ténèbres

Pour saisir la lumière

Ici

Dedans

Car le salut est dans le mystère

Dans la cassure de nos passions

 

Entre, mon cruel ami,

Comme entre le frisson glacial

Comme entrent les cris élevés

Dans les taillis acidulés

La nuit maintenant surgit

Et le corps qui fléchit

Qui s’appesantit et qui hurle.  

[ Haut de page ]

L’éveil

Quand les parfums se font lourds d’incertitude

Quand la lune s’évanouit

Comme les loups

Apparaissent

Quand l’obscurité glisse entre tes doigts

Comme la bruine

Sur une terre noire et boueuse

Quand l’angoisse étreint soudainement ton cou

Que les rires infantiles se perdent en oubli

Et que les rives des marécages

Se découpent à présent

Nues

Quand l’amour se défait

D’avoir trop aimé

Quand l’absence fige tes bonheurs

Et les dénoue

Un à un

 

Les diables

Désossés

T’enlacent

 

Quand leurs cris broyés par la fureur du ciel

Le hibou ulule à son tour

La grue sauvage craquette

Les herbes rouges

Se couchent devant tes yeux

Et l’hallucination sournoise se promène devant l’abîme

De ton cœur

 

Tu pleures

Et la présence monstrueuse de tes remords

Te tient

Éveillé.

[ Haut de page ] 

La rose blanche

Tu es ancré et porté

Au-delà du temps

Sur les pétales mêmes

D’une rose blanche

Tu regardes le monde

Qui chante

Qui vole la gloire de celui qui l’embrase

Par les yeux d’un ange endormi

A la fois

Vêtu de blanc

Que jamais neige n’atteint

A la fois

Le visage couvert de flammes

Que le soleil inonde d’empressement.

 

Tu es le jour la nuit

Les heures le moment

Un rêve de toi-même

Mis en présence de ton passé

Mis en présence d’un devenir possible.

 

Dans ce royaume

Tranquille et plein de joie

Où t’accueille bientôt

Le zélé Mercure

Tu penses au monde

A nouveau

Au mouvement de la vie

De la mort

A l’écartèlement de l’espace

Tu sens

A nouveau

Le baiser muet de l’amour

Qui te lie et te délie

Au rythme du désir.  

[ Haut de page ]

Incarnation

Ton être est écrit avec la terre

Avec le soleil avec la chair et les os

Avec un doux baiser

Un feu éternel

Immuable

Dans un demi-rêve

Les paupières closes

Ton être est écrit

Avec la colombe et l’aigle victorieux

Avec des songes qui t’enveloppent

En spirales

Dans la glaise et l’argile

Ton être est écrit avec l’encre du temps

La sueur le sang et l’eau

Dans l’étreinte et l’oubli

Dans l’extase d’une folie.

 

L’éveil attend son heure

Au milieu du silence

De l’équivoque et de l’absence.

 

Ton être est écrit

Avec le blanc des yeux et

Le rouge du cœur

Maintenant devant lui

Ton esprit sort de ses gonds

Un art nouveau

Une poésie ténébreuse.

Tes mots se perdent dans le vent

Dans les rues dans les bois

Tes mots apprennent maintenant

La colère la joie

L’amour qui attend

Dans la clarté du jour à venir

Et les sourires discrets.

 

Ton être, te dis-je, est écrit

Avec le sable mouvant

Le minerai de l’âme

L’essentiel et le superflu

Le bourdonnement d’une abeille

Quand elle cogne la fenêtre de tes pensées

 

Le triomphe du jour

Voici que surgit à toi

Celui qui te délivre

Le géomètre du tout

Mercure aux ailes innocentes

Et lui à toi : « Nous voilà

A l’instant où tout se sait

Où tout s’oublie

Et pour porter ton voyage

A son terme

Retiens ces heures dans ta mémoire

Comme la lune l’éclat

Comme le soleil la lumière

Tu sais à présent

Ce que parler veut dire

Ce que rêver implique

Et ce que vivre exige

Une nouvelle lumière t’est donnée

Sans savoir

Crois-tu

D’où elle vient

D’ores et déjà

Tu écris pour être

Ce que tu aimes. »


Ton être est écrit

A l’ombre du rêve

De la chevelure d’une comète

Du génie du poète.  

[ Haut de page ]

Home