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Textes issus du recueil Les Palabres Pourpres © Ø Ataraxie |
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Âmes
sensibles, éparpillez-vous désormais L'ange
fou, dans sa coquille, est en paix. J'ai vu le
sang pourpre, et senti la terre Rivières
dans la Cité, les larmes sont des torrents. Une bête,
grognant, encagée dans la ville. Éveillez-moi
! Le rêve a-t-il cessé ? Serpents
de feu et lions dans la rue Je laisse
le Chaos derrière mon épaule. Dansons
avec les fantômes aux hanches d'or Douceur
d'une jambe, ténèbres dans ma chambre. Reflet
d'un visage à travers ma fenêtre J'aime ce
tremblement, inaccessible ! Les lueurs
d'une cuisse sous les étoiles Rôdent en liberté, magiciens meurtriers. |
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Visage de glaiseTelle
une rêveuse au bord de la mer Tu es
celle qui vole et enveloppe mes projets Une pluie
de sable sur tes jambes de verre Et alors
se révèlent les amoureux du mois de mai. L'exquise
langueur des promenades estivales Magiques,
insondables et pourtant peu banales. Un baiser
échangé sous les branches d'un pin, Un panier
empli de promesses pour le lendemain. Jamais
l'Amour ne fut si beau, si plaisant Jamais
l'Homme ne connaîtra de si simples moments. Désormais
je vois la cascade dans tes yeux, Aux doux
embruns qui rendent malheureux. Je te
cherche par delà l'attente Par delà
moi-même, Et je ne
sais plus tant je t'aime Lequel de
nous deux est absent. Telle une
rêveuse au bord de la mer Tu es innocente, triste et fière. |
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Une larme, un joyauFleur
sauvage de ce lointain pays De ton
sourire envoûtant je suis envahi De ta
bouche dorée je suis conquis Et à toi,
exclusivement je suis à vie. Tu es
l'ange bleu de mon ciel Une étoile
dans un coffret, mon plus beau soleil. Parfum de
sel ou senteur d'encens Boule de
cristal et peinture d'antan. Un jour je
pleurerai Ce que les
morts ont aimé sans regrets. Une larme
traverse ma pensée Et l'amour
s'échappe de la cornée. L'ivresse
de ces douces mélodies Serpente
mon destin, attriste ma vie. Souviens-toi
de ces soirs sur le sable Où
l'hymen de nos sentiments était si palpable ! C'est
derrière la buée de nos baisers Que nous vivrons cachés, retrouvés. |
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Le jumeauEssuyé
par de brusques rafales, Cramponné
- hélas - aux cheveux de la terre Le jumeau,
arraché à la cuisse de Jupiter Goûte les
joies d'une idylle aujourd'hui banale. La tête
haute et les épaules larges, L'homme au
complet marron et noir Étanche
jour après jour son naufrage Et sait à
présent nourrir les regards. La nuque
sacrifiée au soleil divin Et des
histoires parsemées sous la coupole Il voyage
seul aux confins de son auréole. Religieux
lyrique aux rires mesquins L'homme de
la plaine aux pieds jaunis Pleure sur son étoile, le cœur tari. |
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AtaraxieAtaraxie
émouvante Qui vibre
dans les mœurs De la
femme accroche-cœur Et vibre
encore, la rime assonante. Tandis
qu'un ciel Mutin et
purpurin Écartèle
le luxe romain Avec le
mordant du réveil. Et que
chaque grâce En flèches
assassines Le long de
l'échine Virevoltent
et se fracassent. Et au sein
de la prière Où
l'Amour se déguise Respire
une nouvelle brise, Un
clignement de paupière. |
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