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Extraits 

Retour Page Au hasard du Chemin

Textes issus du recueil Au hasard du Chemin ©

Ø Départ (1er texte du recueil)

Ø Le Pont de la Reine

Ø Cette marche

Ø Entre-deux

Ø Dernière fois (dernier texte du recueil)

Départ

 

Nuit

En gouttes d’eau

Matin fébrile

A la lueur de mes espoirs

Départ

Sans bruit

Sans lumière

Crainte diurne du voyage

 

Les lumières des villes qui s’estompent

Brille l’éphémère sous mes pieds

 

Attention

J’inspire je quitte j’expire

Je pars

Moment dissolu

Je pars

Plus de musique

Plus de rires

Plus de passé

Il n’y a qu’un visage

Un rêve

Tension vivante permanente

 

Devant mes pas

Je devine la douceur l’excitation

L’extase de la découverte

Avec mon sac à idées et mon bourdon

Quand la voix cherche les contours du monde

Pour qu’un nouveau jour se lève

Devant mes pas

Je devine.

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Le Pont de la Reine

 

Le seuil de la porte

Vers un nouveau pays

Puente la Reina

Je regarde

Les premières cigognes se précipiter sur tes cheminées

Les pèlerins boiter vaciller puis abandonner

L’église du Crucifix et ses Templiers

Je te vois

Cité jacobine

Où mille chemins se rejoignent en un

Où l’illusion de la route s’envole

Où les arches de ton pont s’embourbent dans l’Arga

Des colosses aux pieds fendus

Je devine

Les moines les soldats les hospitaliers

Se fondre

Peu à peu dans le temps

Dans l’air inconnu

Où flottent chimériques

Mes rêves

Ma révolte

Mon nom

 

Je veux

Marcheur aux semelles de sable

Habiller de rouge les montagnes

Combattre les mots les erreurs

Oublier la peur

Bavarde qui ceint mes envies

Je me hâte

Et je veux

Porté par le présent voyage

Ranimer l’amour transi

Comme justice le demande

Et pitié me lie

 

Ville du roi de la reine

Je devine chose nouvelle

Invisible langage

Assurément inédit

Car il n’est pas d’ici.

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Cette marche

 

Cette marche

Si violente

Si fragile

Cette marche

Belle comme un lever de soleil

Quand la lune ronde illumine le ciel rougissant

Au-dessus des montagnes

Cette marche si terrible

Cette marche si puissante

Si tranquille

Si sereine

Et si déroutante

Santo Domingo de la Calzada

J’arpente

Monts et vallées

Sur ta fameuse chaussée

Tremblant de peur comme un enfant tapi dans le noir

Et sûr de moi

Comme une force immobile au milieu des soupçons

Des doutes des interrogations

Cette marche oui

Qui intrigue les hommes

Qui les fait parler

Qui les fait blêmir

Parce que l’absence guette le danger

Lentement doucement assurément

Cette marche souveraine

Sur le chemin des étoiles

Si vivante encor

Si riche

C’est la tienne

C’est la mienne

Cette aventure toujours nouvelle

Qui ne change pas mais

Transforme l’être en humain.

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Entre-deux

 

Je suis assis

Au milieu de la place

Mon esprit se trouble

Plein de stupeur

De fatigue de labeur

Mon ombre change d’apparence

Ce voyage

Cette odyssée devrais-je convenir

Me laisse une telle empreinte

Que je vois bien

Que rien ne pourra

Ni l’effacer ni l’obscurcir

 

Je suis assis

Au milieu de la place

Et je songe à ma famille

Mes amis mon devenir

Mon autre à venir

L’envie alors me ronge

De rejoindre cette terre

Le cri des enfants

Le rire des anciens

Se mêlent à ma fièvre

Soudaine

Plus lourde que la pierre

 

Je suis transi sous le soleil

Implacable

Un chant mozarabe

Entre les doutes

A cappella

Je vois se dessiner

En rêve en espoir

A l’horizon

L’ombre d’une promesse

La fierté presque nue

Et moi

Doigts trempés de larmes

Qui trace ma vie dans le sillage des étoiles

L’expérience déchire mon sang

J'écoute
Tout fuit tout passe
L'espace efface le bruit.

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Dernière fois

 

J’arrive à la fin

De mon premier voyage

Et avant que le soleil

N’attelle ses rayons

A une autre étoile

Comme elle sort d’un cœur qui se lamente

Une autre voix s’exprime

Et sort de ma bouche :

« De peur de pudeur

Sois libre

Et ne parle plus comme homme qui rêve

La vie maintenant

Est prête à te donner quelques instants

Saisis-les au vol

Et rapporte ces mots

Au monde

Dont la vie est course à la mort. »

 

Cheveux fous 
Bouche dévorante

Lecteur, une nuit d’été

Le mois de juin

Le pèlerinage de St Jacques de Compostelle

Sur le champ des étoiles

C’est peu et beaucoup à la fois

Cette marche

C’est peurs et doutes

Et joie et amour à la fois

Toi qui me lis à présent

Vois mes jambes

Loin devant les vents méchants

Mon cœur

Lavé comme l’eau du Léthé

Peut effacer les péchés

Lecteur

Je te retrouverai

Dans l’espace de ces feuillets

Et après

Toujours encore à jamais

Je le sais

Tu le sais.

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