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Extraits |
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Prologue
Inutile
de se confondre en explications et autres recommandations, par nature illisible,
que le lecteur aura tôt fait de prendre par-dessus la jambe. Alors, pour les
amoureux de l’essentiel, sachez que ce livre a pour mission de recueillir un
certain nombre de lettres - que les auteurs ne s’aviseront pas à compter-
illustrant la réflexion tourmentée de deux amis un brin philosophes, un brin
poètes.
Expliquons
quand même l’origine de cet échange : à l’époque où la
communication procède de médias chaque jour plus performants, l’homme s’éloigne
de l’homme. Alors qu’il suffit de piocher à l’extérieur de soi-même les
codes pré établis pour la relation humaine, l’écriture, elle, réclame une
introspection, un support matériel sur lequel transparaissent effort et
implication en un mélange de pudeur et d’abandons.
Quand
deux amis décident de s‘écrire, il faut y voir une consécration, une
ouverture entre récit de soi et confessions dont le papier, l’encre et la
calligraphie sont l’emblème.
S’ils
sont mus par un désir implacable de parvenir à destination, les mots ne le sont jamais que par la force des émotions qu’ils
renferment...
Regarde
lecteur, ce livre parle de choses simples. Il est le parcours, expérimenté et
écrit, le cheminement dans la quête du sens de deux apprentis. Tu y verras
comme on peut se perdre, faire des trouvailles, s’éclairer et souvent
s’obscurcir. Tu te diras sans doute qu’il est possible d’aller trop loin,
de se fourvoyer dans les méandres de la pensée.
Comme
toi, ta famille et tes amis, les auteurs recherchent leur place dans le monde,
sans tricherie ni sophistication. Tout part donc d’une préoccupation commune
à l’apparence singulière, la nôtre. Bien
loin de vouloir faire de ce livre un usage philosophique -au sens premier du
terme- il est question de le proposer comme une illustration de la variété des
sentiments, émotions, pensées et doutes, face à ces questions cruciales
: quelle place trouver dans le monde, quel sens donner à sa vie ?
Mais
laissons place au voyage...
Pour
l‘heure, installe-toi dans ton fauteuil le plus confortable, et deviens
le spectateur privilégié des fantasmes mégalomaniaques des auteurs. Ainsi tu
pénétreras dans l’univers de Max Dorier et Neil Thomas. |
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Partie 1 L’
Empire du Nouveau Monde
Un
cœur chaud face au temps sec, octobre
1998
How are you doin’, Max?
C’est
par cette locution pré-mâchée de l’Empire du Nouveau Monde que je viens
m’annoncer. Aujourd’hui, un oiseau est venu se poser sur le rebord de ma fenêtre
et chut ! !... Il revient. Ah oui, il est donc venu et m’a prédit
un avenir des plus glorieux, s’inquiétant de savoir si je faisais toujours
attention aux signes. Il a dit qu’il m’observait longuement parfois et remarquait avec quelle ingratitude je n’étais pas aussi attentif que je le devais. Je voulais m’excuser, mais il m’interrompit en soulignant que l’excuse ou même le pardon ne sont qu’œuvres de Dieu, et que nous sommes ce que nous sommes, c’est-à-dire des petits bouts de chair, qui essayons de la rendre captive et fraîche à chaque moment. Je me suis demandé comment est-ce qu’un oiseau pouvait-il connaître tout cela, avec son petit cervelet de piaf ! ? Il dut lire mes interrogations et me répondit : "peut-être tends-tu facilement à croire ce que tu vois, peut-être que ce qui est n’est pas, et que ce qui a toujours été sera ?" [...]
Quelque
part au Monde An
1998 de cette
Ère…
Salut
Neil-voyageur, Tu
sais, aux grands mots les grandes lettres, alors… Alors…
« Il fut un temps où le Monde était rempli d’orphelins et de veuves éplorées…
Un temps où non-content d’avoir été Jésus Christ je me fis Shaolin, Adepte
et Initié de l’Antique Sagesse. Puis il fallut combattre les vampires, armé
du pieu et de la croix, véritable Chevalier du Paranormal, familier du
Poltergeist et de la matérialisation astrale. Mais encore une fois vint un
temps nouveau où je voyageai le Monde tel MacGyver, célibataire endurci et
arpenteur de Nature, ma maison sur le dos, défendeur des justes causes. Un peu
plus tard on me retrouvait parmi les immortels, oeuvrant secrètement. A 20 ans,
j’avais déjà peut-être tout vécu, tout combattu, si ce n’est la mort
elle-même…A 20 ans, je devins Siddhârta, j’en appelais alors à l’esprit
juste… » |
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Partie
2 Au
Cœur de la Tempête Que
de questions, non ? Gémeaux, toujours ! J’avoue être un tantinet déstabilisé
cet an-ci, mais lucide pourtant. Et puis après tout, plus que les questions, ce
sont les rêves qui importent, et les projets. Et notre projet est un grand
projet. En tous cas, il mérite le détour et beaucoup de préparations aussi.
Il est en un sens à la mesure de notre besoin de liberté. Peut-être ne
serons-nous guère plus heureux une fois ce rêve réalisé, mais nous en
ressortirons plus grands. C’est certain ! C’est
bien mon cas en ce moment. Je goûte en effet à une analyse plus intérieure,
c’est peut-être une mutation… La relation humaine me fatigue, j’y vois si
peu de surprises en réalité ! Tout pousse à ne plus chercher à l’extérieur
et à se concentrer vers l’intérieur de soi-même, au sein de son petit
monde, uniquement. Construisons donc ce monde, construisons le nôtre, qu’il
soit, faute d’être un grand monde, un monde profondément vrai. La tête pleine de couleurs
Mai
1999
Ah mon a
Ici-bas
et près du cœur humain, la Vie bouscule et transcende les êtres. Oubli,
perdition, coquetterie pour les uns et les autres, l’essentiel... espérons-le.
Mais,
eh oui, le mais est de mise sur le tapis vert du destin, toi, alias un frère
cosmique et inter temporel, tu es là ! Je t’avoue sincèrement que je
suis heureux que tu sois là, que nous partagions ces mêmes idées, ces visions
fantastiques, idéalistes et parfois réalistes sur la Vie 3D et ses six autres
dimensions (cf. une prémonition atlante). A deux, nous briserons cet étau qui
nous broie peu à peu et atteindrons le cœur tranquille de notre réincarnation.
Compte sur moi ! ! |
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L’ An
Débil Paris
tal pour rien,
12
Octobre 2000.
Pas
question de profiter de ce courrier pour t’ankyloser avec mes états d’âme.
Je t’ai déjà écrit une lettre sur ce sujet. D’ailleurs, je l’ai brûlée.
Alors pas question de la refaire, ce serait trop stupide. Par
ailleurs, la taille de mon sexe n’a pas changé depuis notre dernière
rencontre, c’est dire la fidélité qui le caractérise. Pour paraphraser le
bon vieux général en 1944 : « ça fait longtemps que je l’ai plus ma Gaule ».
Sans
tomber dans les frasques oléagineuses de l’Histoire, éludant vessies
protocolaires et autres sarcasmes platoniciens, sache que notre monde n’est
pas un enfant de cœur. Aux
pièges innombrables tendus par la naissance, parsemés par la vie en ombres dérisoires,
résiste l’âme humaine dans son drapé de gloire et de passions. Les grands
hommes sont ainsi, perdus entièrement. Et ceux qui croient en être, également
perdus. Le sujet est polémique…
Il
m’a fallu tout ce temps pour en tirer la conclusion suivante : je ne suis
pas un grand homme quoique soit là mon plus cher désir. Mais l’existence
nous trompe. La grandeur des hommes n’est pas la mesure de l’Homme Grand.
Peu importent les honneurs quand ils nous signent un aveu d’hommes satisfaits. Être
grand, c’est grandir. La croissance n’a pas de terme, pas plus que
l’accomplissement n’a d’avenir. Être grand, c’est changer. Nous n’en
sommes qu’aux tous premiers stades du développement de l’âme. Dans un
corps trop fragile s’étire une grande âme aux origines extra-humaines. Le
Grand n’a pas qu’une dimension humaine, il voyage dans l’ailleurs…
Début
octobre 2000
A
toi l'immuable souffle, l'ami, assis suspendu, sur sa bougie.
Assis
dans le chœur de divines harmonies, siège une émotion immortelle que je
souhaiterais à l'aube de cette soirée partager avec toi, le frère homozygote.
J’y suis tel une montagne où Dieu (ou un de ses aïeux) s'est reposé et qui
contemple la Vie pour ne tirer que deux ou trois bouffées d'oxygène.
Sentiment
étrange, te dis-je, où encore une fois l'accélération et la clairvoyance se
sont unies autour d'une même bague : sentiment qui me retranche au seuil de l'âme,
où l'impression d'exister n'est que dans le partage avec ses âmes frères et sœurettes.
Devines-tu ce ressenti ? Je sais que oui. |
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