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juin : Lever presque "grasse matinée" vers les 6h30
et départ après 4 jus d'orange vers les 7h15. Je quitte Bercianos le
moral dans les chaussettes, le front fiévreux et dehors tombe une pluie
à rester au chaud sous une couette (que je n'ai pas !). Mais bon, là,
c'est parti pour 26 km !
Dépassé
le premier village, El Burgo Ranero, la route unique s'offre aux pèlerins.
Elle est longue, très longue. pas de reliefs, pas d'arbres mais de la
pluie, toujours la pluie. De la pluie à traverser les vêtements et les
chaussures, des orages à coup sûr ! Mon moral n'est pas au top et après
un coup de fil à *****, quelque chose commence à se décider en moi.
Même si je n'arrive pas à fixer une idées, je sais et je sens qu'une
réponse à tout ce mal-être et à toutes ces épreuves m'attend.
Alors
qu'il pleut pour la 3e fois comme "vache qui pisse", l'illumination
naît, là, sur le goudron trempée, perdu que je suis au milieu de nulle
part : je décide d'arrêter le Camino à Léon. Après tout, j'ai trouvé
certaines réponses, j'ai vu quelques unes de mes limites, l'essentiel
m'est apparu. Je sais ce que je veux, ce que je ne veux plus, je sais vers
qui me tourner.
Compostelle,
au départ, était un voyage et l'important, on le sait et j'ai
expérimenté, c'est le voyage et non la destination. J'ai eu mes
"révélations" jusqu'ici.
Pourquoi
poursuivre ? Ce serait céder à un défi sportif, ce serait poursuivre la
folle course qui est engagée sur ce Chemin.
Difficile
de trouver sa place dans ce lieu devenu "business".
Je
suis fier d'avoir pris cette décision, d'avoir su écouter cette voix
intérieure, de reconnaître le pourquoi de ma venue ici
Je
ne veux pas continuer la route par péché d'orgueil, par pure fierté. je
ne suis pas venu pour cela. Bien au contraire, je cherche (et toujours) à
me dégager de ces vanités (Neil devient-il un saint ? Non, juste un
être humain à l'écoute de lui-même)
Depuis
que j'ai décidé cela, je me sens beaucoup mieux, plus léger, plus
serein.
Il
me reste 20 km jusqu'à Léon demain et après ce sera un autre voyage.
Le
soir, je décide de m'octroyer un restaurant, un vrai repas chaud, surtout
que je n'ai pas eu de "vrai repas" tout court ce midi ! Au
restaurant, je retrouve 2 personnes de ma chambrée, 1 Québécoise et 1
Italien avec qui je passe plus d'une heure à converser.... bien sympa !
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