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juin : Lever vers les 5h00 car les Espagnols sont des lève-tôt.
Je m’autorise une petite demi-heure de « végétation » puis
je fais mon sac, me prépare et pars vers les 6h15-30.
Aujourd’hui,
il ne pleut pas mais il fait assez froid, pour ne pas dire froid.
Le
premier tronçon à parcourir est de la pure Meseta, une longue route
droite, sans aucun virage, qui coupe les champs en deux. A part cela, rien
à dire car rien à voir : le paysage est si monotone, si identique.
La marche devient par instant un moment d’oubli, de méditation, voire même
de transe, j’en suis sûr !
J’avance
par habitude, mon regard est dans le vague (on pourrait même marcher les
yeux fermés, c’est pour dire !). Mais nous sommes sur un plateau
à 800 m d’altitude environ et il y a toujours ce vent froid (et de
plein face) qui souffle. Mes mains sont gelées, j’en serai presque à
souhaiter la canicule ! Alors j’imagine le visage familier de ceux
qui sont en France, je me prends à penser au retour, à Compostelle et à
qui je vais retrouver là-bas, qui sait ?
J’imagine…
Après
17.6km, j’arrive dans le village de Calzadilla dela Cueza, l’endroit où
je suis censé m’arrêter pour la journée. Il est « que »
9h00 du matin, j’ai les épaules qui me font souffrir (j’ai
l’impression de moins en moins supporter le poids du sac à dos) mais la
ville est petite, j’ai envie de continuer jusqu’au prochain patelin.
Je
repars donc en longeant la Nationale : c’est quelque peu vallonné
et au bout de 6 km, j’arrive à Lédigos, vile encore plus petite et
perdue je ne sais où.
Je
m’adresse au barman du coin pour savoir si l’auberge est libre et il
me dit en blaguant d’aller à l’église pour prier…
Je
suis finalement installé dans un dortoir de 22 lits, c’est très calme,
désert, presque absent du monde.
De
temps à autre, on entend des coups de canons et deux questions
s’offrent à moi : soit il y a une fête, soit ils tirent en
l’air pour faire venir l’orage et al pluie comme c’est la coutume
dans cette région sèche d’Espagne.
L’après-midi,
je fais une sieste (eh oui, une autre !!), je discute avec les deux
Canadiens que j’ai retrouvés, j’écris, je lis. Je sens que le reste
de la journée n sera pas mieux. Enfin, tout peut arriver…
Correction :
les coups de pétard ou de canon sont pour la fête « El Corazon de
Jesus », la 3e fête de l’année après la San Antonio
et la St Jacques.
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