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15 juin  Carrión de los Condes - Lédigos

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   15 juin : Lever vers les 5h00 car les Espagnols sont des lève-tôt. Je m’autorise une petite demi-heure de « végétation » puis je fais mon sac, me prépare et pars vers les 6h15-30.

Aujourd’hui, il ne pleut pas mais il fait assez froid, pour ne pas dire froid.

Le premier tronçon à parcourir est de la pure Meseta, une longue route droite, sans aucun virage, qui coupe les champs en deux. A part cela, rien à dire car rien à voir : le paysage est si monotone, si identique. La marche devient par instant un moment d’oubli, de méditation, voire même de transe, j’en suis sûr !

J’avance par habitude, mon regard est dans le vague (on pourrait même marcher les yeux fermés, c’est pour dire !). Mais nous sommes sur un plateau à 800 m d’altitude environ et il y a toujours ce vent froid (et de plein face) qui souffle. Mes mains sont gelées, j’en serai presque à souhaiter la canicule ! Alors j’imagine le visage familier de ceux qui sont en France, je me prends à penser au retour, à Compostelle et à qui je vais retrouver là-bas, qui sait ?

J’imagine…

Après 17.6km, j’arrive dans le village de Calzadilla dela Cueza, l’endroit où je suis censé m’arrêter pour la journée. Il est « que » 9h00 du matin, j’ai les épaules qui me font souffrir (j’ai l’impression de moins en moins supporter le poids du sac à dos) mais la ville est petite, j’ai envie de continuer jusqu’au prochain patelin.

Je repars donc en longeant la Nationale : c’est quelque peu vallonné et au bout de 6 km, j’arrive à Lédigos, vile encore plus petite et perdue je ne sais où.

Je m’adresse au barman du coin pour savoir si l’auberge est libre et il me dit en blaguant d’aller à l’église pour prier…

Je suis finalement installé dans un dortoir de 22 lits, c’est très calme, désert, presque absent du monde.

De temps à autre, on entend des coups de canons et deux questions s’offrent à moi : soit il y a une fête, soit ils tirent en l’air pour faire venir l’orage et al pluie comme c’est la coutume dans cette région sèche d’Espagne.

L’après-midi, je fais une sieste (eh oui, une autre !!), je discute avec les deux Canadiens que j’ai retrouvés, j’écris, je lis. Je sens que le reste de la journée n sera pas mieux. Enfin, tout peut arriver…

 

Correction : les coups de pétard ou de canon sont pour la fête « El Corazon de Jesus », la 3e fête de l’année après la San Antonio et la St Jacques.

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