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13 juin  Castrojeriz - Frómista

    Retour au journal de bord

   13 juin : Lever vers 05h30 et départ après un petit café vers les 06h00.

   Au bout de quelques centaines de mètres, une « immense » colline se dresse devant moi, je sais que je dois la gravir. Le dénivelé n’est que de 100m mais il s’étale sur très peu de mètres, d’où une inclinaison assez forte. Mes pieds se portent bien aujourd’hui (touchons du bois !), je grimpe avec mon bourdon cette colline et après quelques souffles coupés, j’atterris sur un des plateaux de la Meseta. Celui-ci est très vallonné. J‘édicte alors une loi (que l’on rapprocherait de la Loi de Murphy pour les connaisseurs) : « Tout ce que tu montes, tu dois le descendre ! » et c’est naturellement que j’amorce une longue route descendante jusqu’au petit plateau qui me mènera à Itero de la Vega, qui marque mon entrée dans la province de la Palencia. La ville est inintéressante et après avoir bu un jus de fruit, je repars jusqu’à Boadilla del Camino. 

   Ce tronçon n’est pas très agréable et il fait désormais un vent presque froid, un vent de face, qui ne m’est pas du tout agréable. 

   Enfin, c’est la troisième partie, celle vers Frómista. Je longe alors un long canal sur près de 5km : la route est monotone et mon genou et mon tendon gauche se réveillent et me font très mal.

 

   Presque 27 km aujourd’hui et je crois que j’ai poussé un peu trop loin la machine ! Où est-ce le cumul des kilomètres, la fatigue qui rend le moindre bobo, le moindre heurt douloureux ?

 

   J’arrive à l’auberge pour me rendre compte de la non-sympathie de l’hôte. Puis on me met dans une chambre où il n’y a que des Allemands (qui font le Camino depuis 5 jours sont donc tout frais et tout confiants !!). Je déteste la langue allemande.

 

   Puis, un petit tour à la douche où je m’écroule de tout mon long, faute de force et d’appui. Heureusement, un Hollandais vient voir si je vais bien. J’ai le bras gauche tout endolori mais ça va.

 

   L’après-midi est similaire aux autres si ce n’est que je discute un moment avec une Hongroise, discussion qui me fait du bien.

(Je tiens à noter que mon moral a chuté sans raison apparente encore une fois !)

 

   J’ai envie de tout arrêter, pour la première fois, de dire « stop », de dire mes pensées à certains marcheurs que « non, ce n’est pas facile et encore moins quand on est seul ! ».

   Purée, j’ai l’impression d’avoir les nerfs à vif, les tripes prêtes à exploser. Il y a aussi le manque affectif, les échanges…

   Voilà mon état d’esprit à l’heure de ces quelques notes.

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