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11 juin :
Lever vers 5h20 et départ difficile vers les 6h30. Difficile car le réveil
fut difficile, les mollets et le bas du dos endoloris mais bon, c’est
la « joie du pèlerin ». je n’ai pas à me plaindre de mes
pieds pour l’instant alors espérons que ça continue !
J’ai
évidemment des ampoules et mon pied droit est enflé sous la plante
mais je peux encore marcher normalement.
Je quitte donc Burgos dans la brume matinale et je quitte le bruit,
l’agitation, le trafic, le bitume… quelle joie de retrouver m »es »
collines !
Les premiers kilomètres jusqu’à Villalbilla puis Tordejos ne sont
pas géniaux car je longe de nouveau la Nationale. L’air est très
frais ce matin et je mets pas mal de temps à me réchauffer. Après une
petite pause dans cette dernière ville où les enfants partent pour
l’école (il doit être 8h00), je pars par une petite route vers Rabé
de las Calzadas, une charmante petite bourgade fleurie, avec ses maisons
anciennes et sa petite fontaine fantaisiste.
J’ai ensuite pris une montée sur plus de 100m de dénivelé pour
arriver à un large plateau. Je suis – me semble-t-il – sur le début
de la Meseta, cette voie rocailleuse et sèche que je vais suivre sur
plus de 200km. Le chemin est fait de petits cailloux blancs qui
aveuglent déjà mes yeux. De part et d’autre de la route, ce n’est
que vallées et collines, verdoyantes pour l’instant. L’espace est
grand, prodigieux, de l’espace plein pour réfléchir, pour s’évader.
Je pense à chez moi, à ma famille, j’imagine quelle sera leur réaction
à mon retour. Y en aura-t-elle une ?
J’ai envie de revenir plus ferme, plus simple encore, plus direct,
plus franc dans mes actes et dans mes paroles. Je veux de moins en moins
de superficiel, même dans mes rapports avec les gens. Je n’arrive pas
– et c’est ici que je le dis – à m’identifier à ce « théâtre,
cette comédie de faux-semblants ». Suis-je asocial ? Sûrement,
au regard qui ne peuvent supporter plus de 5 mn de « solitude » !
Mais je suis fait ainsi. Tout ce que je demande, c’est de pouvoir
partager et vivre pleinement chaque moment avec celles et ceux que
j’aime ; ils ne sont pas légion mais a-t-on besoin de beaucoup ?
je veux du brut, de l’essentiel.
Après la montée, au sommet, la vue est imprenable : la vallée
est immense, vaste, les collines blanches et vertes tout autour de moi.
C’est maintenant la descente vers Hornillos del Camino, un village de
montagne calme, où je suis accueilli par un tondeur de moutons.
L’après-midi
est encore plus calme que d’habitude : je me repose, j’écris,
j’attends.
Encore une petite discussion avec Marc (Belge) et je repars dans mon
duvet car les pèlerins se couchent tôt.
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