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10 juin : Après
une nuit impossible entre l’orage et les ronflements très sonores de
quelques uns, je me lève vers 05h30 pour partir vers 06h15 mais ce sont
des trombes d’eau qui m’attendent dehors, ici à San Juan de Ortega.
Et dire que j’ai presque 30km à faire jusqu’à Burgos !
Vaille que vaille, je mets les premiers pas dehors : il n’y a pas
de vent donc la pluie tombe droite et ce n’est pas trop gênant, si ce
n’est que sous ma cape de pluie, je transpire comme à l’étuvée !
J’arrive aux villages d’Agès et celui d‘Atapuerca assez
rapidement et avec un bon rythme. Ensuite, petite surprise : il me
faut grimper une colline toute boueuse et caillouteuse. Après cet
effort imprévu, je surplombe la vallée de Burgos. C’est beau,
majestueux, un petit vent vient frapper mes tempes mais que c’est bon !
J’amorce alors ma descente en passant par le village de Cardeñuela
où je fais une halte pour me débarrasser de mes vêtements de pluie.
Puis ce sera Orbaneja où je traverse un chemin tellement boueux que je
glisse et avec un sac à dos de 12kg environ, c’est pas évident de
garder son équilibre. Heureusement, j’ai mon bourdon sur lequel je me
repose de plus en plus.
Vers 11h-12h00, j’arrive à Burgos : il me faut traverser le périphérique
près de la banlieue et enfin le centre-ville. En arrivant sur la Plaza
Mayor, où siège fièrement une statue du Cid sur son cheval,
j’entends de la musique qui vient à moi de la rue principale, celle
qui mène à la fameuse cathédrale. C’est
l’Adagio de Barber ! Quelle
entrée en pompe !
On est dimanche 10 juin et c’est jour de fête (encore !) où
tous les communiants sortent dans la rue, habillés de leurs apparats
blancs et bordeaux. Je poursuis ma route ne sachant pas où se situe le
gîte et c’est alors que je rencontre un autre Allemand que j’avais
déjà croisé. Ensemble, nous filons vers le gîte.
L’après-midi demeure calme malgré des coups de tonnerre et la grêle.
Je repas dans le centre-ville pour visiter un peu. Burgos est une ville
coupée en deux, une partie est le vieux Burgos, historique tandis que
l’autre est plus moderne. C’est une ville lumineuse, colorée,
immense où les enfants sont légions. Je déambule dans les rues,
tranquillement. Mon esprit s’égare…
D’un côté, l’esprit du Camino : je vois qu’il est en
chacun, peut-être certains lieux peuvent amener à réfléchir, à méditer.
Ici, à Burgos, c’est aussi la vile où la moitié des pèlerins se
posent 1 ou 2 journées, vont à l’hôtel ou alors rentrent chez eux.
Je devine que la suite du Chemin va être différente, encore plus
introvertie, chacun avec ses pensées.
D’un autre côté, je pense à *****, à ceux que j’ai laissé en
France. Que j’aimerais qu’ils voient ce que je vois !
Je demeure seul, je ne recherche pas non plus la compagnie mais le fait
est que je suis seul avec mes questions, mes désirs, mes envies, mes
souffrances, mes joies.
Comment vais-je revenir ? Là est ma question au 1/3 de mon voyage…
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