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08 juin  Santo Domingo de la Calzada - Belorado

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   08 juin : Lever vers 05h00 pour un départ à 06h00.

   Marcher dans le noir, enfin la pénombre, n’est pas forcément chose aisée, surtout pour remarquer le fléchage au sol que je ne trouve pas, d’ailleurs. Si bien, qu’au lieu de longer la Nationale jusqu’à Grañon, je fais un petit détour de 2 ou 3 kms autour d’une colline, chemin parsemé de cailloux et… de pollens ! Le sol est blanc comme neige tellement il y en a ! Bref, après avoir perdu presque 1h de marche, je retrouve le fameux petit patelin et décide alors d’accélérer le pas. En même temps, une de mes chaussettes est sûrement mal mise et je sens un frottement « étrange » au talon droit… j’ai peur du résultat après 23 kms !

   

   Je retrouve alors la Nationale et traverse des micro-villages quasi déserts comme Castildelgado ou Villamayor.

   Le soleil frappe très fort à nouveau et il fait très très chaud sur cette route de cailloux blancs, aveuglante presque. J’arrive à Belorado mais l’auberge paroissiale que j’ai choisie n’ouvre pas avant 13h30. Elle est tenue par un couple de Suisses super gentils !

   

   Je ne me sens pas très bien : physiquement, j’alterne entre le chaud et le froid et ma tête me refait mal, j’ai quelques vertiges. Je pars donc me reposer une petite heure en espérant que ça ira mieux par la suite. Peut-être est-ce la chaleur, la lourdeur du temps ?! Il y a aussi ces coups d’airs frais dans les gîtes où l’on peut attraper un rhume à tout moment.

   Niveau moral, ce n’est pas mieux, je pleure. Pourquoi ? C’est la première fois que je ne peux retenir mes larmes. Fatigue ou non, j’ai de quoi pleurer et mon corps et mes yeux semblent avoir ce besoin de faire sortir beaucoup de choses. Le manque aussi, la frustration de ne pouvoir échanger et partager ce que je vis, ce que j’entends, ce que j’endure.

   Purée, faut être maso !

   Personne ne m’a obligé de faire ce Camino et endurer tant de kilomètres, tant de souffrances, tant de solitude. Je cherche le pourquoi, parfois j’ai des éclairs de réponses mais rien de bien précis et défini.

   

   Le reste de la journée, je fais quelques courses, vais à la Plaza Mayor regarder les Anciens sortir après le passage de la chaleur. Le ciel s’est assombri et c’est une véritable neige de pollens qui tombe… mon nez n’en peut plus !

   Et voilà, ça tonne et la pluie remplace le pollen mais ce n’est qu’un orage, un gros orage qui rafraîchit les routes et les esprits.. enfin peut-être.

   

   Le couple d’hôtes est adorable : ils m’offrent à manger des pâtes (mon 1er repas chaud depuis dimanche je crois) et un yaourt et un bon verre de rosé… trop de bonheur !   

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