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02
juin : Après une autre nuit de folie avec un réel concert de
ronflements d’un Hollandais et d’un Espagnol, nous nous levons à
6h00 du mat’. Dès les premières minutes, le ton est donné :
marcher, aller vite, vite ! Ce qui a le don de nous mettre hors de
nous, puis de nous navrer. Nous partons prendre notre petit dej’ à
l’extérieur du gîte dans un café « La Douce Venise » ( ??!).
A
8h00, départ pour la 1ère étape de montagne, direction
Puente-la-Reina. Dès les premiers pas, André et moi retrouvons le
sourire, l’espace s’étend devant nous et c’est sans nostalgie que
nous quittons Pampelune. Première étape donc à Cizur Minor avec une
petite grimpette pour nous mettre en jambes et il bruine un peu. Nous
commençons à grimper en direction de la Sierra del Pardon avec son
parc d’éoliennes. En une heure, nous passons devant 2 croix où deux
pèlerins respectivement japonais et belge sont décédés lors de cette
fameuse montée sur la Sierra. Ensuite, c’est le village de pierre de
Zariquiegi avec sa fontaine ô combien rafraîchissante. Enfin, survient
l’ultime montée du Mont du Pardon (800m d’altitude) qui s’avère
bien difficile pour les mollets et pour les épaules (à cause du sac à
dos). Mais nous le franchissons et atteignons le sommet dans une extase
quasi muette, le vent souffle fort, il fait froid. Nous entrons
officiellement en pays Navarre.
La
descente est plus rude, le genou « bionique » d’André lui
fait très mal mais nous continuons vaille que vaille. La chaleur arrive
à son tour, nous traversons des champs de blé, de coquelicots et
atteignons le village d’Uterga puis celui de Muruzábal
et enfin Obanos… des villages déserts, secs, pas une âme qui y
respire. Enfin, vers les 14h00 (6 heures de marche pour 24 kms), nous
arrivons à Puente-la-Reina dans une auberge de 76 places, tenue par le
sosie de Christopher Reeve (acteur des films de Superman) ! Heureux
d’être là.
Maintenant,
les muscles essaient de se détendre mais le moral fait du yo-yo car
nous avons besoin de parler. Après notre 1ère lessive, nous
soignons et dorlotons nos pieds mais l’esprit vagabonde vers la
France, je le sais.
Comment
vivre tout cela et ne pouvoir le partager avec celles et ceux qu’on
aime ? Ah… le Camino nous cache des choses, je le sens.
Je
dois faire avec. |